LaJulie ? La p'tite rousse du 2ème ?
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Tranche de cake

Soirée anniversaire chez un copain.


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D’habitude, je n’aime pas trop ces soirées bateau qui réunissent quelques dizaines de personnes n’ayant strictement rien en commun.  Tout le monde se regarde en coin sans trouver grand-chose à se dire et si le ou la fêté(e) disparaît quelques minutes, chacun regarde le bout de ses souliers avec un sourire idiot en attendant que ça passe.


 


Avec Daniel, c’est différent.  D’abord, il est étudiant à l’INSAS (institut national supérieur des arts du spectacle), section théâtre. 


Le bonhomme est jovial, totalement extraverti et il a toujours des fréquentations étonnantes.


Seconde raison : le gaillard est aussi copain avec Michael (qui ne pouvait rater cette fête mémorable) donc, en cas (improbable) de malaise, nous nous sentirons moins isolées, Marina et moi.


 


Mes craintes sont non fondées car, lorsque nous arrivons, l’ambiance est déjà explosive.  Au milieu des convives formant cercle, un couple exécute une danse exhibition sur « Oh Marie » de Louis Prima, avec jambes montées sur ressorts et tout.


 


Il faut préciser que la soirée est sensée faire revivre « les boums d’autrefois »


Tout un programme.


Ce thème à l’avantage de permettre à tous de s’amuser sans avoir l’air ringard.  Les plus snobs pourront aussi se permettre quelques pas de deux avec un air de martyr pincé en soupirant : « Oh, bon !  Puisqu’il le faut, je me sacrifie ! »


 


Marina se sent directement à l’aise et se laisse entraîner, un peu plus tard, sur « I ain’t got nobody », du même Louis Prima.


Du moment qu’il s’agit de danser (tout sauf les slows), elle renierait père et mère, celle-là !


Sans trop savoir comment, je me retrouve à écouter une fille qui me parle de son fiancé (il est bô, intelligent, promis à un avenir brillant… ) et du problème number one de son couple : devrait-elle l’autoriser à lui faire l’amour sans capotes ?


 


Bonne question !


 


Je suis sauvée par ma chérie qui m’attrape au vol et me force à intégrer une de ces chenilles (idiotes, notez le bien) où chacun tient les hanches de celui qui est devant.


Le "premier de cordée" fait un mouvement et les autres doivent suivre du mieux qu’ils peuvent.


Ma dignité en prend un coup mais je crois avoir échappé à l’attention du photographe de service.


Pour nous remettre de nos émotions, le DJ programme une séquence slows qui débute par la très originale musique de « la boum 1 », suivie de « la boum 2 ».


 


Le délire à l’état pur !


 


Pour l’occasion, je me retrouve dans les bras d’un marrant au nez en trompette qui s’est collé de faux boutons sur le visage. 


Il m’explique :


-         J’étais boutonneux, avant.  C’est une façon d’exorciser cette période de ma vie !


Pas vrai !  Je dois certainement faire un rêve idiot et le réveil va sonner d’une minute à l’autre !


 


Besoin d’air.


Je parviens à m’extraire des tentacules du gars.


 


Dans la cuisine, Daniel supervise le ravitaillement du buffet.  Il porte une perruque, un soutif garni de pommes par dessus sa chemise… et des panties sur un boxer noir. 


 


La classe, quoi !


Rien à redire.


 


Je remarque alors un homme, entre 40 et 50 balais, assis près de la fenêtre ouverte ; le cheveu poivre et sel, une barbe de trois jours, encore athlétique malgré un sérieux début de bedon.  Il fume et boit en fixant les lumières de la ville.


On ne peut pas dire qu’il soit beau, non, et pourtant quelque chose accroche chez lui.


Son regard peut-être.  Il n’a pas le même regard que monsieur tout le monde. 


C’est indéfinissable, ténu, mais pourtant bien réel.  Un peu comme s’il contemplait des choses que nous ne voyons pas.


 


Discrètement, je demande à Daniel :


-         Qui c’est, lui ?


-         Lui ?  Ah !  C’est Max, un bon copain.  Avant, il était cameraman, reporter pour **, la chaîne de télé.


-         Il ne l’est plus ?


-         Non !  Depuis quelques années déjà.  Il a couvert les événements du Rwanda, en 94.  Lorsqu’il est revenu, il a donné sa démission.


-         Et qu’est-ce qu’il fait, maintenant ?


-         Rien et un peu de tout.  Il vivote, il boit, il écrit, dans le désordre.


-         Il écrit ?  ça m’intéresse, alors.


-         Personne ne veut de ce qu’il écrit : trop dur, trop triste, trop réaliste !  Et puis, les gens préfèrent de la bonne catastrophe du jour, bien fraîche et avec, surtout, de bonnes photos explicatives.  Personne ne peut rien faire pour Max : il est déjà mort.  Des fois, quand il est bien bourré, il se lance dans la fête et amuse tout le monde.  Des fois seulement, pas toujours.


 


À ce moment là, Max tourne la tête vers nous.


Ses yeux, qui se posent sur moi, qui essayent de sourire ;


 


Et Dylan, dans l’autre pièce :


 


Yes’ n’ how many ears must one man have


Before hecan hear people cry ?


Yes’ n’ how many deaths will it take till he knows


That too many people have died ?


The answer, my friend, is blowin’ in the wind,


The answer is blowin’ in the wind.


 


Mais le vent n’apporte plus jamais de réponses, juste des cris,


Qui n’en finissent pas !


Je ne sais pas comment l’aider ou simplement l’aborder alors je reste là, comme une conne, les bras ballants, à lui rendre son sourire.

12.9.05 17:37


I HAVE A DREAM (4/4)

J’émerge d’un sommeil profond, trop profond pour être honnête ; courbaturée de partout.  fficeffice" />


Est- ce pour cette raison que je ne puis bouger ?


Ouvrir les yeux me permet de comprendre : je suis attachée sur une méchante chaise en bois blanc, saucissonnée de la tête aux pieds !


Marina, elle, dort toujours sur le petit divan.


D’un coup, la panique me gagne, surtout lorsqu’un son, une vibration, semblable à celle du film « Alien » envahit la salle.


Une puissante lampe m’éclaire par le haut, me plaçant dans un cône de lumière qui laisse le reste du lieu dans l’obscurité.


La « chevauchée des Walkyries » remplace peu à peu la vibration.  Cette musique semble venir de partout à la fois : des murs, du sol, du plafond !


Je ne suis pas loin de hurler ma terreur.


 


C’est ce moment que choisit le docteur Philo pour paraître :


-         Ponchour Chulie, pien tormi ?


-         Qu’ess’ça veut dire ? Vous allez nous faire du mal, nous torturer ?


-         Nein, petite poule mouillée !  Che ne zuis pas un satique !


-         Alors, libérez-moi !  Pourquoi av…


-         Tututututut !  Galmez-fous !  Le temps est fenu de fous réféler le fin mot de l’histoire !


-         Je n’entends rien !  Je ne vous entends pas, plus, j’ai peuuur !


-         Fous me técevez, petite rousse aux mots intrépites !  Me serais-che trompé zur fous ?


 


Je me force au calme.  La panique n’a jamais rien arrangé :


-         C’est moi qui me suis trompée en venant vous voir !  Je ne comprends d’ailleurs pas POURQUOI je DEVAIS venir vous consulter !  C’était comme une envie incontrôlable, une force qui me dépassait !


-         Z’est exactement za !  Che vous explique : mon graphorêfe, en réalité, ne reçoit pas les ondes de rêve, il les gonstruit !!  Bar trianculation cosmique, je fous ai chéographiquement située.  Il ne me reztait plus, alors, qu’à diricher fos rêves… qu’à fous diriger !


-         Mais… POURQUOI ?


-         Refenons un peu en arrière tans le temps : il y a guelgues mois, che vous enfoyais un bedit colis, fous fous rappelez ?


-         Oui, bien sûr, c’était le…


-         Exactement !  Toute la plogosphère fous avait demandé guelgue choze et fous aviez tit oui !  Mais fous ne tenez pas fos promesses, bétite côôquine !  Fous m’avez palladé, ouplié !  Graffe erreur !  On ne draîte bas ainzi le tocteur Philo, Philkeinstein te mon frais nom !  Z’est alors que ch’ai técité t’utiliser le graphorêfe !  T’abord pour vous vaire un peu payer fotre ingonstanze, et puis pour fous obliger…


-         Hé ho, hein !… j’allais le faire !!!


-         Tes promezes, touchours tes promezes !  Mais maintenant, fous allez fraiment fous exéguter, parce gue fous ne bourrez plus faire autrement : che fais fous programmer !


-         C’est tout simplement... burlesque !


-          Yaaaa ! Foyez-fous, ch’aime le purlesque, ch’adore za !  Le monte entier tefrait être purlesquement choyeux !  Fous, fous êtes une zorte de test, barfaitement réussi.  Par la zuite, afec le graphorêfe, che fais inzufler l’amour te la térision à tous nos dristes contemborains !


 


Pendant qu’il parle, il amène sa furieuse invention à mes côtés, la branche, me raccorde :


-         Foilà !  tans guelgues instants, fous allez foir fotre futur !


 


Et j’ai vu !  J’ai vu le départ… du FLYING CALBUTE !!!


 



 


Pour plus de précisions sur l'opération "Flying calbute", ça se passe chez Philo !

8.9.05 16:44


I HAVE A DREAM (3/4)

Tout est flou autour de moi.  Les sons aussi sont à l’ail lointains.  Marina se penche, me parle.  fficeffice" />


Pourquoi est-elle affolée ?


Et pourquoi fait-il si froid ?


Elle me prend dans ses bras, me soulève, m’emporte.


 


Articuler quelques simples mots me demande un effort énorme :


-         Il faut… aller… chez le docteur… Philo !


-         Mamma mia !  D’abord rentrer chez nous, la mia povera piccola colomba ! Il faut t’habiller, te réchauffer, boire un alcool fort !


-         Pas de schnaps, surtout pas de schnaps !  Rien qui soit allemand, par pitié !


-         Che cosa dici : schnaps !  Une bonne grappa, oui !


-         Ooooh oui !  Mai-son ! Gra-ppa !  Et aller chez…


-         Il dottore Philo, siii !


 


Tiens !  Notre appartement !  Et voilà le mur que j’ai peint hier ! … mais alors… où fus-je ?  Que fis-je ?


 


 ==================


 


Elle sait si bien s’occuper de moi, me dorloter, m’habiller… me faire picoler !


 


Peu à peu, l’esprit me revient tandis que nous nous rendons chez le docteur Philo – mais quel malaise résisterait à la façon de conduire, si particulière, tellement… italienne, de Marina ?


Malgré tout, elle doit encore me soutenir pour marcher de la voiture au long corridor sombre qui mène à la porte du scientifique (et très simili) teuton.


 


Je bavouille :


-         Il faut pas sonner, tu vas voir : la porte va s’ouvrir, comme par enchantement !


 


Après 10 minutes, ma douce compagne se décide quand même à actionner le mécanisme à drelins drelins. 


Le satané bonhomme vient nous ouvrir en monocle et caleçon, toujours aussi hirsute… et en se grattant les c…


Ledit monocle tombe dans le caleçon lorsqu'il nous voit :


-         Himmel !  Gue venez-vous faire izi à zette heure zi madinale ?  Et gu’est t-il arrifé à la temoiselle Chulie ?


 


Marina l’apostrophe sans façon :


-         ça vous dérangerait de nous laisser entrer ?


-         Acht !  Pien zûr !  Endrez !  Mais… (il me renifle au passage) elle bue le schnaps !


Nous, en cœur :


-         Pas le schnaps, la grappa !


-         Za và, za và !  Moi, ze gue j’en disais, hein !  Installez-la zur la taple chynécologique bendant que je m’habille !


 


Il revient peu après, vêtu de son long cache-poussière blanc.


Marina lui explique :


-         Lorsque je me suis réveillée, elle n’était pas dans le lit ni dans l’appartement.  Alors, affolée, je suis partie à sa recherche.  Elle gisait à quelques encablures de chez nous, nue ; étendue, là, dans l’herbe perlée de rosée matinale… sans connaissance !


 


Le docteur Philo me regarde avec un mince sourire qui se voudrait rassurant :


-         Bedide friponneuuu !  toute nue tans la campagneuu, mit den kleinen vögeln ! Romantiqueuu !


-         Je ne me souviens de rien, doc !  Juste ce… ce maudit rêfe – oups, pardon – rêve, qui revenait, encore et toujours, me hanter !


-         Touchour le départ ?


-         Oui !  Cette fameuse silhouette drapée, évanescente, qui semble vouloir m’entraîner vers l’inconnu !


-         Nous allons foir za !  Ch’amène le graphorêve…


-         Pas le 380, pitié ! Plus le 380 volts dans les narines !  Un transfo… mon royaume pour un transformateur !


-         Acht !  Fous n’aimez pas le drois zent guatre-vingt ?  Il fallait le dire !  Mon invenzion vongzionne aussi en 24 Folts !


-         HEIN !  Mais alors… pourquoi…


-         Parze que z’est plus rog and roll en 380, foyons !!!


 


La machine, les électrodes, la lumière vive de l’écran et, en toile de fond, l’effrayant visage du docteur fou :


-         Aah !  Za ze prézize de plus en plus, REGARTEZ FOUS-MÊME !


 



 


Légèrement euphorique à cause du 24 volt (et de la grappa), je m’attendris :


-         C’est elle, oui, qui s’en va sur les chemins !


-         Tonc, nous bouvons interpréter le manoir gomme un endroit clos gue la mystérieuse zilhouette veut guitter !  La zilhouette est beut-être zymbôligueuu, d’ailleurs !  Nous dirons plutôt gue « Guelgue choze » veut partir, s’enfoler !  Et tant gue nous n’aurons bas troufé, ze guelgue chose fous hantera !


-         Vous allez encore me dire de revenir demain ?


-         Nein !  Reposez-vous quelques heures, cufez votre mauvais schnaps de l'étrancher et buis nous rebrendrons la zéance !  Pour fous mettre tans l’ampiance adéquateûû, je vais fous passer un peu de Wagneuurh, za ne peut pas fous faire de tort !  Fous aimez le grand Wagneuuurh ?

7.9.05 17:48


I HAVE A DREAM (2/4)

J’ai hésité longtemps avant de me décider.fficeffice" />


Avec mes cernes sous les yeux, je dois sans doute faire peur.  Les passants me regardent (en passant, bien sûr) comme on regarde les maudites.


Certains changent même de trottoir.


La petite voix résonne dans ma tête : vas-y Julie !  Il te terrifie, c'est certain, mais tu dois en finir ; ces cauchemars doivent cesser !


 


C’est dans cet état d’esprit que j’entre pour la seconde fois chez le terrible DOCTEUR PHILO.


Je progresse dans le couloir des communs, plus sombre encore que la veille, en rasant les murs.


Quelque chose de vivant frôle mes cheveux mais je ne peux distinguer ce que c’est.


Chauve souris ?  Ectoplasme peut-être ?


Qui sait ?  Ce diable d’homme pourrait fort bien dialoguer avec les morts !


Sa porte s’ouvre avant que je sonne.


 


C’est lui, qui se dresse devant moi, hirsute !


Ses yeux déments brillent dans l’obscurité !


Effrayants !


Bien plus effrayants que mes terribles rêves.


 


Il ricane doucement en se frottant les mains :


-         Alors, vous êtes revenue… c’est bien !  Très bien ! … (un temps)… mais entrez donc !


 


Pauvre petite chose rousse, fragile, je m’exécute, non sans penser que je pourrais fuir, ne jamais revenir… et devoir alors me bourrer de valiums pour dormir.


Dormir et rêver !


Non !  Courage, Julie !  Entre et fais face.


 


Ma voix chevrote un peu malgré moi :


-         Les rêves continuent, doc ; et ils ont évolué…


-         Acht zo !  Z’est bien !  Nous allons zertainement brogresser !


-         Vous aviez moins d’accent hier, non ?


-         Durch den Teufel ! fous ne gombrenez rien ! Tous les grands génies du vandastique sont teutons !  Et ils portent tous le monocleuuu ! Je fou ferai voir ma collection de vidéos sur le suchet, zi vous voulez… alors… (il se pince la racine du nez entre le pouce et l’index, ferme les yeux, inspire) alors fous avez encore rêvé ?


-         Oui !  C’est comme une séquence maintenant : la silhouette sort du manoir et semble vouloir partir, m’entraîner quelque part mais je ne sais où !  Vers la mort ??


 


Il me fixe sans ciller, le souffle soudain court :


-         Mais gomme z’est intéressaaant !  Prenez place dans le fauteuil du graphorêve… vous gonnaissez la brozédure, n'est-ze bas !


-         Oui, docteur, et… si vous pouviez arrêter cet accent… il me stresse !


-         Bedide nature !  On z’agroche, za va piquer un peu : je branche ma merfeilleuse machine !


 


Les électrodes, dans les oreilles, ça va… mais dans le nez !


Je tressaille quelques minutes en 380 Volts avant de livrer le fruit de mes angoisses à son infernale invention.


 


Il s’extasie :


-         Ouiiii !


-         Ah ?


-         C’est pien zezi que vous foyez, non ?


Il tourne à nouveau l’écran vers moi, comme hier


 


 


 


-         Oui, c’est cela !



-         Il y a effectifement l’idée d’un départ, maintenant, vous foyez ?  Très important ça, le départ, le foyage !  Tout cela s’éclaircit prodichieusement pien, dout à goup !



(moi, soudain pleine d’espoirs)


-         Ah oui ?  Un traumatisme d’enfance ?  Un désir refoulé trop longtemps ?


-         Ne soyez pas ridicule, jeune dinde !  Nous flirtons ici avec les forces subra-gozmiques !  Le foyage, vous dis-che ! L'ENVOL !  Tout est là !


-         Ah !   Et alors ?


-         Refenez demain !


-         Hein !!!


-         Oui… et portez donc de frais petits bas de zoie à couture, avec un bédit porte-charretelles ! Les panties, c’est dellement commun !


 


Il va vers une télécommande qu’il manipule.


Wagner s’impose entre lui et moi, à fond les manettes !


Tout semble dit pour aujourd’hui.

6.9.05 14:23


I HAVE A DREAM (1/4)

Le téléphone tremble dans ma main :


    -   I HAVE A DREAM ! 


C’est en ces termes que je commence à expliquer mon songe de la nuit précédente au docteur Philo, spécialiste incontesté de l’estrange rêve, trublion devant l’infernal, ardent exhibitionniste, blogophage et - fait peu connu, inventeur du graphorêve (puissante machine qui permet d’enregistrer les effluves oniriques en cauchemardocolor).


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-         Venez à mon cabinet, que je vous sonde, me dit-il entre deux rires terrifiants.


-         C’est effroyable, vous savez, cette silhouette dans la nuit, auréolée de lumière, qui sort de ce manoir ; cette vision qui revient encore et…


-         Tu vas viendre et te taire !


 


Quelque peu inquiète, je me rends donc chez lui.


Très pro-fesses-au-miel, le voilà qui m’ausculte, me palpe, me camisole, avant de me brancher sur le graphorêve.


Seul ennui de l’installation : vous prenez du 380 V en continu durant toute la mise au point.


À la longue, ça crispe un peu.


 


Il contemple l’écran d’un air perplexe, le sourcil aussi broussailleux que circonflexé.


 


Je bêle :


-         C’est grave, doc ?


-         Teufel ! J’en ai bien l’impression !  Regardez vous-même ! C’est bien votre vision ?


 


Il tourne l’écran vers moi


 



 


-         Oui, doc, c’est elle !  J’en tremble…



L’inénarrable pro-fesseur, agacé, me coupe à l’aide son ton le plus tranchant :


-         Vous prenez des substances illicites telles que Guimauve ? Vandamme en poudre ? Starac concentrée ?


-         N… non !


-         Mouiis…  De l’Eurovision en infusette, peut-être ? Du millésime « Sandra Kim »… vous savez : ch’aimeu ch’aimeu la vi-ie  ?  Très toxique !


-         Naaan ! Jamais !  D’ailleurs, je suis immunisée : ma mère chantait cela en m’allaitant !


-         Acht ! Je ne peux me prononcer maintenant ! Rêvez encore et revenez demain, chère amie !


 


Pourquoi cette vague impression qu’il ne me dit pas tout ?


Lui-même semble vaguement terrifié !


Demain, peut-être saurais-je... demain ?


...

5.9.05 13:01


Du chiffre pour des lettres


 


Petit déplacement dans la capitale pour assister à une causerie littéraire.  Un écrivain connu venait parler de lui - lui avant son oeuvre.fficeffice" />


Je ne le citerai pas vu que je me suis emm… comme pas deux. 


L’homme m’a déçue. 


Sous les apparences doucereuses, j’ai vu une machine à réussir, un forcené de l’exemplaire vendu (en duo avec sa femme qui régente la partie commerciale avec une férocité inouïe, tout à fait aux antipodes de l’image artistico-réfléchie du… produit !).


Dans l’auditoire, on pouvait parfaitement distinguer l’inconditionnel (le), doté d’une bouche en perpétuelle béance qui lui permet de mieux absorber la suffisance tragi-comique distillée par le maître.



 


Le lavage de cerveau médiatique fonctionne bien, parfaitement bien ! Il ne forme plus que des GL (gentils lecteurs) ; des gens bien comme il faut, avides de cette culture poudre aux yeux qui semble devenir la Règle unique d’un jeu inventé par quelques grossistes en marmelade - à destination de grandes surfaces uniquement ; les petites épiceries fines ne les intéressant plus depuis longtemps.


Hélas, la poudre aux yeux, pourtant abondante, était vraiment de piètre qualité.


 


À l’heure actuelle, plus personne ne semble écrire pour le plaisir des mots.


En haut de la page blanche, il faut d’abord réserver une place à la balance comptable – ce qui réduit considérablement l’espace réservé à la création.


Lorsqu’il en reste.


 


Cet homme-là, au moins, était un véritable écrivain !


 


Que faut-il penser de toutes ces « stars » d’un jour, de ces présentateurs people et autres nullités qui engagent de bons « nègres » pour donner un semblant de formes à leur platitude existentielle ?


Ils n’ont rien à dire (ou si peu) ? Qu’importe, autant l’écrire : ça se vendra bien étant donné qu’ils squattent les médias !


 


De quoi alimenter les angoisses de l'honnête auteur qui se voit soudain propulsé au top des ventes, en tête de rayon, coincé entre les mémoires du dernier éjecté de la « starac » et les soupirs nostalgiques de la vieille people qui n’en finit plus de patauger dans « la ferme célébrités » !


 


L’alphabet devient obsolète dans notre (beau ?) monde : il suffit maintenant de savoir se servir d’une calculette.


Pour signer le contrat, une simple croix suffira.

3.9.05 14:01


Les tentations de la tenture


 


-         Magnifiques, les tentures !fficeffice" />


-         Oui, ma mère s’est pas moquée de nous !  J’amène l’escabeau et tu les accroches ?  Marrant tiens : par chez nous, on dit aussi une escabelle ! Pourquoi cette mise au féminin ?  Faudra…


-          Bien entendu, c'est moi qui me paye l’escalade !


-         Hein ?


-         Rien, je disais ça comme ça !


-         Il y a deux bonnes raisons pour que tu t’y colles : d’abord, l’athlète, c’est toi ; parce que, faut dire que ces merveilles sont bigrement lourdes…


-         C’est assez vrai.  Et… ? L'autre raison ?


-         Tu portes une jupe !  Courte !  Il me semble d’ailleurs que c’est la meilleure de toutes les raisons !


-         Mais c’est toi qui voulais que je porte cette jupe !!!


-         Ben voilà !  T’as tout compris !


-         Obsédée !


-         Tais-toi, femme !  Travaille !


 


Vue imprenable sur ses trésors pudiquement dissimulés sous une culotte en coton, style petit bateau.


 


Je râle pour la forme :


-         T’avais rien de plus tarte comme culotte ?


-         Fallait le dire, que tu me préférais en string pour accrocher les tentures !


-         J’vois pas l’intérêt du string non plus !  Rien ne vaut le naturel !


-         Mais aide-moi au lieu de te rincer l’œil, soutiens un peu le tissu, c’est louuurd !


 


Insensible aux récriminations, je préfère explorer ses contrées mystérieuses.  Mes doigts agiles contournent la cotonnade, s’infiltrent, agacent…


-         Juliie !


 


Ah !  Je savais bien que tout cela n’allait pas rester insensible.  L’humidité croissante annonce le réveil de monsieur clito. 


Vous ais-je déjà raconté celui de mon aimée ?  Belle pièce, à la hauteur de ses appétits !  Rien à voir avec le clitounet timide de la vierge effarouchée ; ooh que nenni !! 


On devrait le photographier, l’exposer, le donner en exemple dans les cours d’anatomie féminine.  Plus aucun puceau, jamais, ne demanderait où il se trouve ni à quoi ça ressemble. 


 


Je le fais rouler, très doucement, entre mes doigts.


Glapissements de l’accrocheuse de tentures :


-         Julie !  C’est pas le moment !  Mais qu’est-ce que tu fais ?


 


Je triture toujours du pouce et de l’index :


-         Je cherche une autre station de radio, plus gaie !


-         Quoi ?  Je ne comprends rien à ce que tu dis !


-         Pas grave : chante un peu pour voir ?

30.8.05 06:15


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